www

LETTRE OUVERTE À MR DONALD TRUMP, PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

Monsieur le président,
En me référent à votre affirmation qualifiant Haïti « de trou de merde », je ne me suis pas précipité de dire le contraire, mais le bon sens m’impose de réfléchir autour d’elle, transformée à l’interrogation qui suit : « Haïti est –elle un pays de merde ?»

Aucune réponse rationnelle ne sera trouvée si l’on ne pose pas le problème que représente Haïti hier et aujourd’hui et la menace qu’elle représente demain sans la base de la conscience fondamentale liée à une observation directe, et qui, à notre avis ne sera pas isolée des faits. Les crises politiques, économiques, culturelles, sociales et structurelles que confronte Haïti et ces problèmes, créés par des acteurs de la science fétide, mettant Haïti au combat sanglant, finissent par l’étouffer qu’à tel point votre observation, monsieur le président, est pertinente. C’est que les élites d’Haïti sont, elles-mêmes, des complices qui liquident sa dignité à l’impérialisme international. Dès lors, Haïti est devenue déséquilibrée, désœuvrée, essoufflée, sanglotée, anémiée de tout élément défendeur d’où, il semble qu’elle ne peut pas se tenir et qu’elle est succombée de la manifestation de tout mal et dépourvue de tout système d’éducation prometteur d’un mieux être social, de tout système d’infrastructure rationnel et de tout système d’organisation et d’orientation des ressources humaines appliquées à son développement économique.

Monsieur le président,
Sur le plan qualitatif, votre argumentaire aurait un sens, si vos frères n’étaient pas des esclavagistes, des bourreaux, des agresseurs, des menteurs qui ont rougi la vérité, falsifiée l’histoire du monde, blasphémé ce qui est sacré (la vie) et nui à l’espèce humaine. Votre argumentaire tacite aurait un sens si les États que vous dirigiez n’avaient pas pillé le trésor d’Haïti avant, pendant et après l’occupation de 1915; si les États que vous dirigiez n’avaient pas combattu avec mauvaise foi, persécuté et quelque fois assassiné les hommes intègres et intelligibles d’Haïti dans des séances de coups d’états sanglants à l’origine de son instabilité politique comme par exemple les coups d’états de 1988, 1991, 1946 et l’enlèvement de 2004. Tous ces tracas d’Haïti ont été systématisés par votre homologue Mr. Franklin D. Roosevelt dans une littérature tristement déshumanisante et déshumanisée que voici : « Il faut soulever constamment les va-nu-pieds contre les gens à chaussures et mettre les gens à chaussures en état de s’entre-déchirer les uns les autres pour avoir une prédominance continue sur ce pays de nègre qui a conquis son indépendance par les armes… »

Vraiment, monsieur le président, un peuple éveillé ne restera jamais sous la corde maudite de cette formule aussi absurde que ça, jusqu'à accepter le statu quo des maux les plus odieux commis à l’espèce humaine; la misère la plus chronique imposée par la puissance États-Unienne et qu’aucun peuple ancien n’ait jamais subi durant deux siècles de son histoire après la prise de sa liberté (1804-2018) et trois siècles passés dans la servitude dans des conditions les plus féroces (1503-1804). De toute façon, Haïti devait éveiller pour se débarrasser de la puissance États-Unienne.

Monsieur le président,

Sur le plan quantitatif, vous n’êtes pas le premier à avoir pissé votre liquide raciste sur le peuple négro-haïtien, il semble que c’est pour la première fois qu’il se fait si grossièrement connu de ceux qui sont susceptibles de penser et de réfléchir pour systématiser en ce sens comme par exemple Joseph Arthur( comte de) Gobineau( 1853-1855), le père et champion du racisme. Sincèrement, il n’existe pas de chef États-Unien qui soit plus intègre que vous depuis Mrs John Hanson à Obama. Cependant, ces deux derniers présidents noirs états-uniens avaient employé une hypocrisie raffinée contre le Continent Noir, contre les pays de la Caraïbe et de l’Amérique Latine. Par contre, vous serez un grand président si votre intégrité se joint à un peu de culture, monsieur le président. Mais, on n’est jamais trop riche ni trop simple d’esprit et trop vieux à l’apprentissage. Je tiens à vous informer que depuis au XIXe siècle, Joseph Anténor Firmin(1885) a mis à mort la thèse raciste et sentimentaliste de Gobineau. Et que le siècle suivant, le savant africain Cheikh Anta Diop a mis à mort tous les théoriciens racistes de Hegel, Hume, Voltaire à Arnold Toynbee. C’était plus précisément dans les actes du colloque de Caire(1978), organisé par UNESCO en 1974 sur « le déchiffrement de l’écriture méroitique des peuples nubiens et le peuplement de l’Égypte ancienne »(Égyptologie)
Depuis ce jour-là, tous les blancs formés et cultivés ont compris l’apport de « l’Afrique à la civilisation », celle-ci a été la thèse gagnante soutenue par Cheikh Anta Diop. Une autre vérité scientifique devait être à votre avis, Monsieur le Président, que vous êtes frères d’origine des noirs. Ce qui présuppose que vous êtes héritier de la culture Négro-africaine. Il a été démontré par Yves Coppens qu’il existe une seule souche raciale de l’humanité (Voir Yves Coppens, l’Histoire de l’Homme, 2008). On peut comprendre qu’il existe deux types de Noirs dans toute l’humanité : des noirs authentiques d’où l’appartenance des Nègres d’Afrique et d’Haïti; et des noirs décolorés d’où l’appartenance des caucasiens et des aryens( auto-ethnonyme des premier européens).

Il n’est pas encore démontré d’autre souche référentielle à l’avènement de l’Homo que « la souche noire ». De telle investigation scientifique menée par Cheikh Anta Diop prouvant « l’apport de l’Afrique à la civilisation » est comprise par tous les civilisés du monde. Aucun homme cultivé du monde n’osera soulever ce débat stérile qu’un coin de l’humanité soit « de merde » avec planification méchante du « racisme institutionnel » (Voir Carmichael Stokely) et des hommes insensés liés étroitement aux idées crasses que la « merde » d’un pays soit la fierté des malfaiteurs occidentaux. Mais, là, tout homme qui n’est pas encore débarrassé de quelle que soit appartenance ethnique, est incontestablement ce qu’il planifie.

Nous sommes convaincus que vous n’êtes pas n’importe qui. Mais, votre intégrité, monsieur le président, si elle ne se joint pas à un peu de culture pourra vous qualifier d’impulsif et d’instinctif. J’ai peur pour vous, monsieur le président, car l’histoire n’aura pas de gomme. Cependant, vos frères occidentaux n’auront plus accès à la falsification de l’histoire moderne. Dans ce cas, de votre bonne foi, vous pouvez être victime de voir enfin que les dirigeants d’Haïti passent à l’examen de la conscience appliquée pour retirer ce pays dans la « merde ». Mais, Monsieur le président, soyez votre arrogance en ce qui est de la matrice de la liberté (Haïti), car, elle n’a jamais empêché les États-Unis à monter (NASA) en puissance et en intelligence (Anténor Firmin. L’effort dans le mal, 1909), mais, elle n’a trouvé que l’ingratitude de ces États qu’elle a soutenus depuis leur histoire existentielle.

Monsieur le président,

D’un coté, vous avez raison. Les perceptions permettant de qualifier Haïti de « pays de merde » ne sont pas isolées d’un système corruptif des dirigeants haïtiens depuis 1807 à nos jours. Qu’ils se ressaisissent aujourd’hui. Vous pouvez être le meilleur catalyseur à leur conscience évolutionnaire. Les élites haïtiennes trahissent la race. Elles sont des élites en transites et de nature prédatrice et enfin elles sont des purs ennemis d’Haïti.

D’un autre coté, la décadence de l’Amérique se joint à la « merde d’Haïti et des peuples d’Afrique ». De manière automatique, parler d’Haïti, c’est faire allusion aux noirs. Pourtant, un écrivain nous informe que « L’Amérique ne sera jamais en décadence à cause des noirs »( Roger Pereyfitte, les américains, P. 360) et la raison semble être aussi simple que ça « Là où tombe une goutte de sang noir, tout refleurit »( Ibid, p.360). Alors, tous les hommes de la deuxième catégorie des noirs, en l’occurrence les blancs ou noirs décolorés, faisant référence aux noirs authentiques, recourent à la nature de la chose soit pour tenter de falsifier de nouveau l’histoire moderne ou pour se faire voir. En éthique, cela a une valeur : principe de délibération, soit la règle d’un jugement. Par contre, tout noir décoloré, l’est à cause de la malformation de la synthèse de la vitamine D (Voir Yves Coppens, 2008). Cela ne doit pas à l’origine d’un conflit racial qui perdure jusque-là, parce que les noirs authentiques sont pour rien dans tout cela. C’est un ordre naturel que le noir cesse d’être « le grand problème » (Roger Peyrefitte, les américains p 359). À bien comprendre l’humanéité et la qualité bénignes des noirs, on finit par comprendre que « le problème est résolu », parce que tous les hommes civilisés ne peuvent qu’ « apprendre à aimer les noirs »(Ibid p. 359). Et bientôt, ils auront touché du doigt la nécessité imminente pour édifier une civilisation planétaire au model de Cheikh Anta Diop, parce que nous sommes tous venus de la même souche raciale et civilisatrice.
Monsieur le président,
« Restez naturel » comme vous l’êtes. Vous voulez entrer dans l’histoire, mais accrochez- vous à la règle sacrée : « Boire le rhum et respecter la bouteille »

Professeur Wilson Dolcin.
33227295